Week End Nostalgie : Resident Evil Part 1 - Alone in the Dark

Publié le par Kanard

Aujourd'hui, on va faire un peu différemment de la formule habituelle. Plutôt que de se focaliser sur un titre dans une série et de mentionner  rapidement les autres titres, on va se pencher sur une franchise dans son intégralité mais bien sûr sans aborder le dernier épisode, histoire de rester dans le principe.

Et pour le coup, je vais parler de Resident Evil.

Une série d'actualité avec la sortie du dernier épisode qui d'ailleurs à été critiqué pour ne pas avoir assez évolué depuis le 4. Qu'est ce qui fait de cette série un pilier si important du jeu vidéo aujourd'hui ? D'où le genre Survival Horror vient-il ? Et peut être, où va-t'il ?

Mais comme c'est le rétro gaming qui nous intéresse ici, il faut bien passer par l'origine de Resident Evil avant d'entrer dans la série réellement. La rétrospective sera donc coupée en plusieurs articles, avec une introduction que je vous présente aujourd'hui et qui sera entièrement consacrée au grand père de Resident Evil : Alone in the Dark
 
Développé par Infogrames à l'époque et imaginé par Bruno Bonnell, qui était à l'époque mon idole tant j'ai adoré cette série, Alone in the Dark est le premier vrai jeu d'horreur dont les graphismes étaient assez détaillés pour qu'on ai vraiment l'impression d'être dans le jeu.

Bien avant que Resident Evil ne se soit imposé dans l'industrie et l'esprit des joueurs comme le porte drapeau du jeu d'horreur, Alone in the Dark faisait découvrir la peur aux joueurs à une échelle jamais vu auparavant grâce à l'utilisation de décors dessinés magnifiques et de personnages en 3D très simples, à cause de leur âge bien sûr, mais tout de même plein de personnalité. Edward Carnby faisait alors sa première apparition ludique et à l'époque, il n'avait pas grand chose du personnage sombre et cool qu'il est devenu dans les 4 et 5ème épisodes de la série.


A l'époque, habillé comme un Sherlock Holmes et chaussé de lunettes peu sexy, sauver la peau de Carnby (ou d'Emilie d'ailleurs, puisque les deux personnages étaient jouable dans le premier épisode) était aussi stressant que terrifiant. Si beaucoup de joueurs se rappellent que le manque de munition dans Resident Evil créait une tension, cette technique vient directement de Alone in the Dark où, logiquement, on ne trouve pas des balles pour notre pistolet tout les dix mètres. C'est probablement lié au fait que le jeu avait été développé en France, pas aux US, donc mentalité différente, on ne noie pas le joueur sous les armes.

Un autre grand souvenir de Resident Evil, le chien qui saute par la fenêtre pour vous attaquer vient en fait d'une scène très similaire de Alone où un loup garou (ou quelque chose qui y ressemble) saute à travers la fenêtre du grenier où l'on commence le jeu et ouvre les hostilités alors que l'on ne possède alors qu'une poignée de munition et aucune idée de comment arrêter le flot des monstres qui arrivent en continu.

Encore un des piliers des premiers épisodes de Resident Evil, les angles de caméras dramatiques et cinématiques utilisés, sont inspirés de la mise en scène de Alone in the Dark qui, plutôt que de laisser la caméra dans les mains du joueur, ce qui n'était techniquement pas possible à l'époque, présentait toujours une vue déroutante du décor. Le but était d'essayer de créer une atmosphère oppressante tout en laissant au joueur assez de liberté pour qu'il ne se sente pas pris au dépourvu. La plupart du temps, si l'atmosphère était parfaitement rendu et que la mise en scène était juste assez déroutante pour qu'un sentiment d'inquiétude vous colle à la peau, il faut bien avouer qu'on avait parfois un peu plus de mal à se défendre ou à retrouver des objets pourtant nécessaires à la progression.

Mais revenons sur l'ambiance. Très fortement inspirée des écris de H.P. Lovecraft, qui n'est pas le pire auteur dont on puisse s'inspirer dans ce genre de jeu pour dire le moins, Alone in the Dark vous place dans les chaussures de Edward Carnby, détéctive privé, ou Emily Hartwood, jeune héritière. L'occulte est omniprésent dans le jeu, comme on peut le voir dès le début puisque l'histoire est la suivante : le peintre Jeremy Hartwood, propriétaire de la fascinante demeure de Derceto, est mort. Après une enquête rapide, la police conclut au suicide. D'après les déclarations de son fidèle majordome, Jeremy semblait tourmenté ces derniers mois. Malgré sa santé précaire, il s'épuisait littéralement à lire et à traduire les anciens manuscrits dont regorge la bibliothèque de Derceto.

Il semblait guetter quelque chose ou craindre une présence mystérieuse. Derceto est maintenant abandonnée... mais d'étranges rumeurs circulent, parlant de malédiction et de puissance démoniaque. Au départ, le personnage contrôlé par le joueur (au choix Edward Carnby ou Emily Hartwood) ne prend pas ces dires très au sérieux, les habitants des environs étant très superstitieux. Mais, progressivement, le doute s'insinue dans son esprit...


Le jeu commence dans le grenier de la maison où votre personnage s'est rendu dans l'introduction pour commencer ses recherches sur la mort de Jeremy. Vous prenez la main sur le personnage alors que des bruits inquiétants et visiblement surnaturels se font entendre.


Très vite, on comprend que si Jeremy s'est vraiment suicidé dans cette maison, c'est parce qu'elle est littéralement envahi de créature cauchemardesque toutes plus dérangeantes et dangereuses les unes que les autres. On apprend aussi au cours de l'aventure que la maison a été construite sur un site hautement occulte d'où les apparitions démoniaques. On fini par descendre dans les catacombes qui se trouvent sous le bâtiment pour exorciser le lieu une bonne fois pour toute.


L'accent dans Alone n'est pas sur le combat mais plus sur l'exploration de la demeure hantée et les plus imposants ennemis peuvent être vaincus en résolvant des puzzles environnementaux qui déclenchent des pièges ou autre. C'est un parti-pris assez heureux puisque cela renforce la peur dans le jeu, en effet la plupart des monstres sont si dur à vaincre par la force qu'on doit les fuir autant que possible en attendant de pouvoir les battre par la ruse.

Il faut bien avouer que dans Alone, les limitations techniques sont là et ou perd un peu en immersion à cause des graphismes, mais pour l'époque, c'était fantastique, sauf pour les phases de plateforme, parce que évidement, en 91 on est loin du niveau d'un Mario 64, c'est le MOINS qu'on puisse dire.

Si cette aspect faisait de Alone 1 un jeu particulier, il a disparut dans les suites qui on choisi de mettre plus l'accent sur l'action tout en conservant l'horreur dans l'ambiance et les décors.

Si Alone in the Dark 1 s'inspire de Lovecraft pour son univers, le 2 qui garde Carnby comme personnage principal se tourne vers le vaudou et les pirates. L'histoire commence avec un homme du nom de Striker


qui se rend dans une maison en bord de mer appelée Hell's Kitchen pour enquêter sur les rumeurs d'une petite fille kidnappée par un gang de gangsters dirigé par Jack. Non, pas de Jack Sparrow ! Je parle de One-Eyed Jack, Jack le borgne. Ca fait un peu pirate ? Normal.

A l'entrée de la maison, Striker voit la jeune fille. Mais avant de pouvoir la rejoindre, il se fait tuer, malgré tout, il parvient à envoyer un message à notre ancien héros Edward Carnby. Edward a acquis une notoriété certaine suite à la défaite du sorcier Cthulien qui est l'origine du mal dans le premier jeu.

Carnby découvre une malédiction vaudou mortelle placée sur un ancien groupe de pirates, et la véritable raison pour laquelle la pauvre petite fille a été enlevée. à vous donc de sauver la peau de notre éro et de la demoiselle en détresse, Grace Saunders, et d'échapper à One-Eyed Jack et à la vile des profondeurs : Hell's Kitchen.

Le jeu est bien plus orienté action que le précédent, mais téchniquement le jeu étant plus avancé, ça passe sans problème. Cela dit, l'ambiance de cet épisode est aussi géniale que celle du premier, imposant Alone 2 comme une nouvelle pierre à l'édifice du survival horror naissant.


L'équipe qui avait réalisé le premier n'est cependant pas derière le deuxième ni le troisième suite à un différent avec Bruno Bonnell, l'équipe souhaitant laisser l'action de coté. Ils quittèrent le bateau mais la pluspart des idées qu'ils avaient mis en place pour la suite se trouvent dans le jeu final, pour notre plus grand plaisir.

Le troisième épisode s'attaq


ue à un nouveau classique de l'horreur, la ville fantôme. Situé dans une ville utilisée pour le tournage d'un film, Alone in the Dark 3 vous plonge dans un western macabre. Si l'ambiance est toujours aussi géniale et l'histoire aussi bien construite que dans les deux précédents, Alone 3 apporte à la table des graphismes qui restent dans la lignée des autres Alone mais qui sont bien plus détaillés qu'il ne l'avait jamais été. La mise en scène est plus nerveuse et certaines phases de jeu sont vraiment originales (sans spoiler, vous faites un petit voyage dans l'autre monde...).


Le troisième épisode est aussi l'occasion de retrouver Emily Hartwood que l'on doit aller sauver après que des Cowboys fantômes ne l'aient enlevée. Encore une fois, on incarne Carnby dans cet épisode.

Personnellement, c'est mon épisode préféré, et celui auquel on peut jouer le plus facilement aujourd'hui. A essayer pour tous ceux qui veulent voir d'où vient Resident Evil puisque si le 1 est l'inspiration évidente du manoir en huis clos de Resident, Alone 3 est le dernier sorti avant que Capcom ne sorte son titre mythique.


Après le troisième épisode, Infograme arrêta la série, principalement parce qu’ils avaient des gros problèmes de trésorerie, ce qui s’est mal terminé pour eux d’ailleurs. Mais la pause prise après le troisième a permis à la série de s’installer comme une trilogie respectée par les joueurs.


Les 4ème et 5ème épisodes étaient tous les deux sensés ramener la série au premier rang, malheureusement, si le 4ème avait de grandes qualités qui font que le titre est encore aujourd'hui considérable comme un des meilleurs titre de survival horror, il n'a pas réussi à percer et à se faire une place à coté de Resident Evil, restant dans l'ombre de ce dernier. Quand au 5ème, malgré de très bonne idée de mise en scène et le parallèle voulu par les développeurs avec un film ou une série, la réalisation de la première version du jeu était si buggée que les joueurs ont baissé les bras et laissé tombé le jeu. La version PS3 et les patch correctifs des versions Xbox et PC réparaient quasiment tous les problèmes du titre, mais c'était trop tard malheureusement.

 


 

Peut on encore croire à un redémarrage de la franchise qui ferait honneur aux trois premiers jeux ? J'en doute aujourd'hui, mais l'influence que Alone in the Dark a eu sur le survival horror et général et Resident Evil en particulier est indéniable. Si vous n'avez jamais joué à un ancien épisode de la série, vous pourriez les trouver sur un site d'abandonware et tenter l'aventure. Le gameplay a vieilli, mais l'ambiance est toujours intacte, comme un film d'horreur en noir et blanc, on ne sursaute plus, on apprécie pour son coté "pièce de musée".

 

Dans la prochaine partie de cette rétrospective fleuve : Resident Evil, naissance d'un cauchemar.


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Publié dans Retro Gaming

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